Guide
JPG, PNG ou WebP : lequel choisir selon le cas
Aucun format n'est meilleur qu'un autre : il y a un format adapté à chaque destination. Voici la règle courte et les raisons derrière.
Choisir un format d'image ressemble à une décision technique alors que c'est une décision de destination : il n'existe pas de « meilleur format », il existe le format adapté à ce que vous allez faire de cette image. Ce guide va droit aux quatre que vous rencontrerez vraiment.
La règle des trois secondes
- C'est une photographie destinée à un écran ? → WebP, ou JPG s'il vous faut une compatibilité universelle.
- Il y a de la transparence, ou c'est du texte, des icônes, des traits nets ? → PNG.
- Cela vient d'un iPhone et vous devez l'envoyer à quelqu'un ? → convertissez en JPG.
- Cela part chez un imprimeur ? → JPG en haute qualité, ou TIFF s'il le demande.
JPG : celui que tout le monde ouvre
Né en 1992, le JPG compresse avec perte : il jette de l'information de façon irréversible pour économiser de la place. Il est remarquablement bon avec les photographies, où les dégradés doux masquent bien la perte, et plutôt mauvais avec le texte et les bords nets, où apparaissent des halos et de la saleté autour des lettres.
Ses deux limites importantes : pas de transparence, et chaque fois que vous ouvrez un JPG, le modifiez et l'enregistrez à nouveau, vous perdez encore un peu. Enregistrer vingt fois le même JPG dégrade l'image de façon visible. Travaillez toujours à partir de l'original.
À utiliser pour : les photos que vous envoyez, les pièces jointes, les imprimeurs, les formulaires, tout endroit où vous ignorez quel logiciel se trouve en face.
PNG : celui qui ne perd rien
Le PNG compresse sans perte : ce que vous enregistrez est exactement ce que vous récupérez, pixel par pixel. Il gère en outre une vraie transparence sur 256 niveaux, ce qui permet des bords doux sur n'importe quel fond.
Le problème, c'est le poids. Une photographie enregistrée en PNG peut occuper cinq à dix fois ce qu'occupe le JPG équivalent, car la compression sans perte n'a rien à faire face à des millions de couleurs distinctes. En revanche, avec peu de couleurs plates — un logo, un graphique, une capture d'interface — le PNG est imbattable et pèse souvent moins que le JPG avec une bien meilleure qualité.
À utiliser pour : logos, icônes, captures d'écran, graphiques, toute image avec transparence et toute image contenant du texte qui doit rester net.
WebP : le standard actuel du web
Créé par Google, le WebP fait les deux : il compresse avec perte comme le JPG (mais 25 à 35 % plus léger à qualité perçue égale) et sans perte comme le PNG (20 à 26 % plus léger), et il gère la transparence et l'animation. Sur le papier, il gagne partout.
Son seul point faible est l'écosystème hors navigateur : tous les navigateurs actuels l'affichent sans problème, mais beaucoup de logiciels de bureau et certains services le refusent encore. D'où un choix évident pour publier sur un site et un mauvais choix pour envoyer à quelqu'un.
À utiliser pour : toutes les images de votre site. À ne pas utiliser pour : envoyer par e-mail, joindre à un document ou transmettre à l'impression.
HEIC : celui de l'iPhone
C'est le format dans lequel votre iPhone enregistre les photos depuis 2017. Il compresse encore mieux que le WebP et conserve des informations supplémentaires (profondeur, rafales, retouches réversibles), mais il traîne des licences de brevets qui ont freiné son adoption hors du monde Apple. En pratique : excellent pour stocker sur le téléphone, inutilisable pour partager. Nous le détaillons dans le guide consacré au HEIC.
AVIF, celui qui arrive derrière
L'AVIF compresse encore mieux que le WebP (20 % de plus, voire davantage) et tous les navigateurs modernes le lisent aujourd'hui. Le détail qui compte : la plupart ne savent pas encore l'écrire, donc un outil qui fonctionne dans le navigateur ne peut pas le proposer de façon fiable. Quand cette pièce arrivera, ce sera le successeur naturel du WebP.
Tableau récapitulatif
| JPG | PNG | WebP | HEIC | |
|---|---|---|---|---|
| Transparence | Non | Oui | Oui | Oui |
| Sans perte | Non | Oui | En option | En option |
| Animation | Non | Non (APNG oui) | Oui | Oui |
| Poids relatif (photo) | 100 % | 500 % | 70 % | 50 % |
| S'ouvre partout | Oui | Oui | Navigateurs | Apple |
L'erreur la plus fréquente
Enregistrer des photographies en PNG « pour ne pas perdre de qualité ». Le résultat est un fichier dix fois plus lourd que personne ne saura distinguer d'un JPG en qualité 85. La qualité perdue dans un JPG bien réglé est celle que l'œil ne voit pas ; le poids gagné par un PNG inutile est celui que le web ressent. En cas de doute, convertissez et comparez les deux poids : la décision se prend toute seule.
Questions fréquentes
Lequel pèse le moins, le JPG ou le PNG ?
Pour les photographies, le JPG, et de très loin (jusqu'à dix fois moins). Pour les logos, icônes et captures à peu de couleurs plates, le PNG pèse souvent moins et rend mieux.
Puis-je utiliser le WebP partout ?
Dans les navigateurs, oui : tous les actuels l'affichent. En dehors du navigateur, pas toujours : beaucoup de logiciels de bureau et certains services le refusent encore. Pour envoyer un fichier à quelqu'un, le JPG reste la valeur sûre.
L'AVIF en vaut-il la peine ?
Il compresse encore mieux que le WebP et tous les navigateurs modernes le lisent, mais la plupart ne savent pas le créer : les outils qui fonctionnent dans le navigateur ne peuvent donc pas encore le proposer de façon fiable.